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"Chez Victoire", histoire de 5 générations à Bouvignies...

« Chez Victoire », alias « Le Reinitas » Rue de la Place à Bouvignies.

5 Générations !

Petit historique à quatre mains : Solange Milville Dauphin, Claudine Rime Milville...

Si l’on consulte le Ravet-Anceau, Tome 2 – année 1925 à la rubrique « Tabacs », deux noms apparaissent : Dangremont et A. Dupas.
Vous vous demanderez : « Le Ravet-Anceau, qu’est-ce que c’est ? ». Tout simplement l’équivalent de nos pages jaunes actuelles, mais forcément différent avec tous les corps de métiers d’alors : « charrons, cultivateurs, maraichers, maréchaux, sages-femmes, tailleurs, tonneliers… ».

La figure emblématique du Ravet-Anceau était d’ailleurs un jeune semeur avec comme slogan : « Il faut semer pour récolter ! ET JE RECOLTERAI, la semence c’est la PUBLICITE. La récolte c’est la CLIENTELE. » Voilà la source donnée.

Donc nous disions Dupas, cela nous ramène au père de Victoire.
« Je passais devant le café tenu par la famille Dupas lorsque j’allais chez Joseph Wion et son épouse Rosa Dupont (vers 1930), rue du Fief. La mère de Victoire de grande stature m’en imposait, dans son vaste tablier, tombant presque jusqu’au ras du sol et ce n’est que bien plus tard que je pénétrerai à l’intérieur quand Pierre Lecocq (le mari de Victoire) y ouvrit une boucherie, charcuterie où se vendaient les meilleures tripes du canton. J’entends encore le père de Danièle chantant lors du repas de communion de René Dupont « du gris, du gris que l’on roule dans ses doigts… ». C’était un homme jovial et serviable.
C’est au café de la Mairie que naquit Danièle, elle sera mise au monde par Madame Menet - Dauphin, sage-femme, sœur de mon grand-père qui fréquentait régulièrement le café. Il est souvent arrivé qu’il fasse manger Danièle dans la cuisine. Avec lui, elle acceptait de manger du pain, coupé dans sa longueur, en « cavaliers » accompagné de fromage blanc aillé et persillé, « pain d’alouette » qu’elle avalait sans difficulté, sans rechigner pour la plus grande satisfaction de Victoire.

Plus tard, le couple s’installa au Café de la Mairie. C’était le point d’arrivée de la course cycliste. Quel événement ! J’étais de toutes les courses avec mon grand-père Alexandre Dauphin. Les spectateurs, essaimés tout le long du parcours avaient leur favori et les encourageaient à pleins poumons et aussi financièrement. Une caravane publicitaire était située sur le territoire opposé au café et l’animateur annonçait le classement et les dons faits par les spectateurs ; c’était en anciens francs !! Les coureurs qui étaient bien dotés étaient dans le peloton de tête et invariablement, mon grand-père y allait de son denier mais pour le dernier de la course ; j’étais très fière quand je le voyais se diriger vers la caravane, son éternel porte monnaie en cuir sombre à la main (porte monnaie qui ne portait d’ailleurs pas grand chose…) ; alors j’entendais : « pour le dernier de la course par un généreux donateur ». Car « tu vois » me disait mon grand-père « le premier, tout le monde y pense… mais le dernier ?! ». Une seule fois, je réussis à vaincre ma timidité et allai donner moi aussi quelques pièces illusoires mais j’étais terriblement gênée par mon geste.

Dans le journal, l’événement était relaté avec photo à l’appui ; mon grand-père y figurait même une fois, aux premières loges, un coup de vent facétieux avait retroussé la visière de sa casquette, qui devenait clownesque. Ce qui lui valut de gagner un abonnement de six mois à un hebdomadaire (presse à scandales… le gag !). Le dimanche, c’était Joël qui nous apportait de fort bonne heure le journal ; c’était aussi chez Victoire qu’on s’approvisionnait en gaz, à qui on achetait la carte grise annuelle…

Nous (mes parents) y allions aussi le soir pour téléphoner en Allemagne ou en Autriche quand Claudine y séjournait pour ses études (car nous n’avions pas le téléphone Rue Basse). Mais que boire ? un thé, une infusion, un déca ? Victoire n’a pas tardé à satisfaire nos désirs et nous restions à bavarder avec les clients dans une ambiance détendue, chaleureuse…

Plus tard, je pris régulièrement le chemin de chez Victoire, l’établissement étant installé au numéro 113 de la rue de la Place, en empruntant les « voyettes » avec les enfants pour acheter le programme télé, histoire de marcher, de se dégourdir les jambes et de s’aérer. C’était la virée attendue du mercredi après-midi, à la rencontre du magazine convoité toute la semaine : « le Roi Lion », « Hélène et les garçons »…, les images à collecter et à coller dans les albums appropriés. Et quand mon fils expliqua à Danièle que Dragon Ball Z « c’était super bien », quelques jours plus tard, le téléphone sonnait et l’illustré était là…

C’était ça chez victoire. Toujours à l’écoute de la clientèle, disponible, soucieux de satisfaire les attentes, et aussi attentifs aux joies et aux peines de tous.

C’est avec émotion que je revois Victoire, assise prêt de la fenêtre du Reinitas et faisant des mots fléchés, sa petite fille Christelle occupée à faire du patchwork de tricot, Joël revenant du jardin… Et là, la dernière merveille du café, la très tonique Louise, fille de Christelle et François, s’opposant avec fermeté à ce qu’un fidèle de l’établissement, Claude pour ne pas le nommer ne vienne partager le repas de midi avec toute la famille ! (au cas où il aurait tout mangé ! ce dont Louise le croit bien capable !) Un petit bout qui connaît bien les goûts des habitués, une bière pour l’un, un rosé pour l’autre ! une digne fille des générations qui l’ont précédée.

A Danièle et Joël, toute l’équipe de Bouvignies Demain souhaite une longue et bonne retraite, pleine de bonheur en famille, à partager sans modération avec Louise !

Vous aussi avez un souvenir, une anecdote, se rapportant au caf », n’hésitez pas à nous les faire parvenir ; nous enrichirons ainsi notre chronique sur ce sujet.

Publié le lundi 6 février 2012

PDF - 2.5 Mo
Bouvignies - Pour notre village - Janvier 2015

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