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Souvenirs d’un aîné : Le Prix Colombophile Louis Wion (1887-1973).

Voici un article écrit par Solange MILVILLE DAUPHIN, nièce de Louis WION sur ce personnage célèbre de Bouvignies, car chaque année, en août, les Colombophiles bouvigniens, beuvrygeois et autres participent au Prix Louis Wion. Mais qui était-il ?

« Devenu orphelin très jeune, le P’tit Louis (ainsi nommé pour ne pas le confondre avec son père Louis Wion) passe toute son enfance au 158 Rue des Pronelles, élevé par son frère aîné et tuteur Henri, menuisier. Il y grandit avec ses frères et sœurs Jean Baptiste (qui trouvera la mort en 1916 lors de la 1ère Guerre), Joseph et avec ses sœurs Marie et Blanche.

A peine âgé de 6 ans, il part en « brigade » avec d’autres enfants et quelques femmes du village pour travailler dans les fermes. Il raconte souvent comment il va « arracher betteraves » à la ferme Dorometz (située sur la Route de Tournai, à Nomain). Bien sûr, il fait la route à pied, empruntant des « voyettes » (venelles), à travers champs. Cela représentant quelques 10 kilomètres. Certaines ouvrières s’appitoient sur cet enfant frêle.

Quelques années plus tard, il commence à travailler à la mine, dont il gardera des habitudes qui lui seront chères tout au long de sa vie. Il y apprend à « chiquer », ce qui ne l’empêchera pas de garder des dents intactes jusqu’à plus de quatre-vingts ans. Souvent, on le retrouve accroupi, position particulière des mineurs, guettant le retour de ses pigeons.

De ces années passées « au fond », il cultivera un sens indéfectible de l’amitié, de la fraternité envers ses camarades, une analyse critique de la société et de ses dirigeants.

Mais cet homme, petit, aux yeux bleus, toujours coiffé d’une casquette, a deux passions : son jardin et ses pigeons.

Il jardine avec passion, surtout pour prouver à son frère aîné qu’il sait bien et mieux faire. Son jardin se situe l’un côté Pronelles et l’autre longe le Chemin des Moulins. Dans celui-ci se dressent plusieurs cerisiers qui font sa fierté. Les cerises y sont délicieuses, noires et charnues. Chaque saison, il y livre un combat sans merci contre les moineaux pillards. Son sens de l’observation des volatiles lui fait inventer nombreuses tactiques pour mettre en fuite les maraudeurs à bec. Mais rien n’y fait : il ne lui reste alors plus qu’à installer de quo idormir dans son cerisier.

Les pigeons l’occupent aussi beaucoup. Il conseille les amateurs, leur donne « des jeunes » nés de champions. Il leur apprend à raconter lors des concours. Patience ! « Les convoyeurs attendent » pour les lâchers à Orléans, Creil…

Le dimanche en automne, il accompagne mon père Alexandre Dauphin comme porte-courrier. Il ne revient jamais sans rien ! S’il n’y a pas de gibier, il remplit sa carnassière de pommes de terre, de maïs, fruits…. Glanés dans la plaine.

Bien sûr, il a aussi un poulailler, des lapins et surtout des chiens, des générations de kiki, de petite taille comme lui.

Ainsi, pendant la 2ème guerre mondiale eut-il une sorte de ratier, qu’il dressa à aller dérober les paquets de tabac dans les musettes des soldats allemands lorsque ceux-ci étaient occupés à faire des coupes de bois dans la forêt de Marchiennes. »

Un personnage, haut en couleurs, pourtant très discret, dont certains habitants de la Rue des Pronelles se souviennent toujours avec beaucoup d’émotion.

Publié le samedi 12 décembre 2009

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Bouvignies - Pour notre village - Janvier 2015

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